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Dette européenne: retour à la réalité.

L’Europe sort d’une période d’amélioration de sa situation financière qui a débuté au mois d’aout dernier, lorsque le Président de la Banque centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, a annoncé que la BCE ferait ce qu’il fallait pour soutenir les pays déficients dans l’Eurozone. Cette intention s’est ensuite traduite par un programme spécifique pour l’Italie et l’Espagne, visant à limiter le niveau de taux d’intérêts de leur dette.

Depuis quelques jours, cependant, une accumulation de questions a inversé ce bel optimisme.

  • Le scandale politique en Espagne
  • La catalepsie de Banca Monte Dei Paschi di Siena en Italie
  • La nationalisation de la banque néerlandaise SAS Reaal
  • La mise en question du projet d’union bancaire européenne
  • Les manifestations visant à diminuer les conditions de financement de l’Irlande

Il n’en faut pas plus pour que les marchés internationaux réagissent a la baisse et que les investisseurs reprennent le chemin des obligations de l’Europe du Nord et se délestent de celles de l’Europe du Sud. A mi-chemin, la France perd du terrain. Que faut-il en penser ?

Une certaine complaisance s’est installée dans les allées de Bruxelles, et dans les chancelleries. Il est relativement sain qu’un rappel à l’ordre comme celui des dix derniers jours nous fasse revoir la situation.

  • L’endettement de la plupart des pays européens par rapport au Produit National Brut est en hausse, malgré les efforts au niveau des déficits budgétaires des États Membres. Avec un endettement moyen de l’Eurozone (8.000 milliards d’euros) à plus de 90%, la moindre hausse des taux d’intérêt impacte les refinancements.  L’Eurozone devrait refinancer environ 1.000 milliards d’euros en 2013. Des réformes des coûts et des revenus des pouvoirs publics continueront à s’imposer.
  • La léthargie économique ne semble pas diminuer. Je préfère ce terme à celui de récession dans la mesure où la croissance du PIB européen se situe aux alentours de 0%. Sans croissance, les recettes fiscales sont également léthargiques et les frais financiers des États continuent à être excessifs.
  • Dans ce contexte, la plupart des économies européennes voient leur taux de chômage augmenter, particulièrement dans les secteurs en difficultés comme l’automobile et dans les pays déficients comme l’Espagne.

La question qui reste présente est celle de savoir d’ou viendra l’amélioration. Fondamentalement, c’est de la solidité de la reprise économique américaine que nous pouvons espérer un début de croissance à la fin de 2013. L’euphorie typique du mois de janvier fait maintenant place à une plus grande sobriété. Mais la création de 157.000 emplois en janvier 2013 était une bonne nouvelle.

Mais la faiblesse de l’Europe reste la situation de ses banques. Les annonces de l’union bancaire européenne ne peuvent cacher que le projet dont a accouché la Commission avec le soutien de la BCE pour l’Eurozone soulève plus de questions qu’elle n’en résout. Le contrôle par la BCE engendre un scepticisme généralisé. Monte dei Paschi nous rappelle les faiblesses des contrôles des banques centrales.

Sans entrer dans un pessimisme qui n’a pas de raison d’être, il ne faut pas diminuer la vigilance dont l’Eurozone a besoin pour se restructurer.

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